La nouvelle campagne LoveLife de l’OFSP range désormais le préservatif, pour mettre l’accent sur les tests des maladies sexuellement transmissibles, comme la syphilis ou la chlamydia. Mais se faire dépister coûte jusqu’à 300 francs. Pour les jeunes, c’est cher. De quoi se demander si la campagne atteint vraiment son objectif.
S’auto-dépister contre les maladies sexuellement transmissibles : la nouvelle campagne de prévention de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) mise beaucoup sur des tests, dont les coûts devraient pourtant être pris en charge par les particuliers – entre 100 et 300 francs selon le canton et le laboratoire d’analyse. De quoi créer étonnement, voire incompréhension dans le grand public.
Pour la spécialiste de la prévention Léonie Chinet, directrice de la Fondation PROFA, l’auto-dépistage est important, d’abord pour sa propre santé. Et surtout car les personnes infectées peuvent ne montrer aucun symptôme, et transmettent alors les maladies: « On fait vraiment en sorte que le prix ne soit pas un frein. Le cas échéant, dans les centre de santé sexuelle qui sont mentionnés sur le site LoveLife.ch, on fera vraiment en sorte que le dépistage puisse avoir lieu. Il y a la possibilité d’adapté les tarifs voire d’accorder la gratuité, notamment pour les jeunes. »
Du côté des assurances, on explique que ces tests peuvent être pris en charge, uniquement si des symptômes sont déjà présents, comme le dit Pius Zägerle, directeur de la faîtière Curafutura: « Si nous ajoutons dans l’assurance de base des mesures de prévention qui intègrent le dépistage et l’information, cela entraînera une nette augmentation des primes ».
Projet pilote
Interrogé sur la question de la gratuité, l’Office fédéral de la santé publique répond, par écrit: « L’OFSP soutient financièrement depuis des années le conseil et le dépistage dans les centres spécialisés. A Zurich, la ville propose actuellement aux jeunes de se faire conseiller et tester gratuitement. Cette offre est évaluée dans le cadre d’un projet pilote. L’OFSP suit le projet avec intérêt ».
Un projet dont le premier bilan est positif, selon Benjamin Hampel, médecin-chef de Checkpoint Zurich: « Beaucoup de gens disent qu’ils ne seraient pas venus, ou pas venus aussi régulièrement, pour se faire dépister si les tests n’avaient pas été gratuits ».
Faire davantage de tests : une mesure plus facile à encourager, qu’à financer.