L’OMS a déclaré il y a 10 jours son « énorme inquiétude ». La raison : aux Etats-Unis ce virus aviaire a été trouvé chez… des vaches. Et surtout dans leur lait! En Europe, la grippe aviaire est quasi absente. Mais qu’arriverait-il si le virus était aussi détecté chez des bovins suisses ? Quel serait le plan ?
Aux Etats-Unis, au moins 33 troupeaux ont été touchés ce printemps par la grippe H5N1. Un virus aviaire qui contamine des bovins: et cette nouvelle a surpris. En Europe aucun cas pour l’instant. Mais éleveurs et producteurs de lait restent attentifs, comme le confirme Boris Beuret, président des Producteurs suisses de lait: « Fondamentalement, nous ne sommes pas préoccupés par la situation. Mais le cas échéant, s’il devait y avoir des directives édictées par les autorités fédérales, les producteurs de lait les suivraient à la lettre. »
Impossible à dire si et quand le scenario pourrait se produire en Suisse- Mais à Berne, dans les offices, on affine déjà la stratégie. Avec une vigilance qui commence à l’étable: « S’il y avait un cas en Suisse, cela dépend vraiment des détenteurs de bovins de réaliser qu’il y a un problème dans la ferme, dit Barbara Wieland, directrice de l’Institut de virologie et d’immunologie de la Confédération. Cela veut dire qu’il y a une baisse de lait. Ou que les vaches ont de la fièvre. Et cela doit vraiment être un problème au sein du troupeau, donc ne pas concerner qu’un seul animal. »
Une étroite chaîne d’information doit alors s’établir: vétérinaires, autorités, enfin laboratoires d’analyses. Ces dernières auront lieu notamment à l’Institut de virologie de la Confédération, un lieu ultra-sécurisé pour cerner ces microbes hautement pathogènes.
Bien des questions demeurent
Et concernant le H5N1, il demeure bien des questions: comment contamine-t-il les vaches ? et passe-t-il dans leur lait ? Pour ne pas perdre de terrain, les scientifiques prennent les devants: « On a commencé le travail avec des tissus de cellules mammaires, pour imiter des infections dans les vaches », explique Barbara Wieland
Face à l’infection de ces gros mammifères, et après d’autres espèces comme les chèvres, chats, renards ou phoques, les biologistes s’inquiètent aussi de voir le H5N1 muter, ou se marier avec d’autres virus, pour contaminer massivement les humains, puis se répandre facilement entre eux. Mais une chose semble déjà sûre: boire du lait même porteur de trace de virus, lorsqu’il est pasteurisé, est sans risque, souligne Boris Beuret: « Le fait de chauffer le lait, aussi, pour le transformer en fromage tue apparemment aussi le virus. »
Entre fondue, raclette et tête de moine, c’est la Suisse culinaire qui respire aussi.