Le groupe pharmaceutique américain Allergan a annoncé que le fameux Botox, utilisé dans la prévention des rides, avait reçu une autorisation au Royaume-Uni comme traitement préventif de la migraine. L’avis de Jean-Pierre Annoni, médecin adjoint en neurologie aux Hôpitaux universitaires de Genève, sur ce nouveau traitement
Le groupe pharmaceutique américain Allergan a annoncé que le Botox, utilisé dans la prévention des rides, avait reçu une autorisation au Royaume-Uni comme traitement préventif de la migraine. Une première mondiale. Mais seuls les patients atteints de migraine chronique (maux de tête au moins 15 jours par mois, dont 8 de migraine) y auront droit. Cette autorisation est délivrée après une étude ayant porté sur 1384 patients atteints de migraine chronique, auxquels ont été administrés par des injections dans les muscles de la tête et du cou, soit du Botox, soit un placebo.
Au début du traitement, les personnes qui avaient reçu du Botox avaient 19,1 jours de migraine par mois en moyenne, contre 18,9 jours dans le groupe «placebo». Vingt-quatre semaines plus tard, les premières avaient 8,2 jours de migraine en moins, et les secondes 6,2. En ce qui concerne les maux de tête en général, 47,1% des personnes sous Botox ont rapporté une réduction supérieure ou égale à 50% du nombre de jours de souffrance, contre 35,1% des personnes sous placebo. Après 56 semaines, pour près de 70% des personnes sous Botox, cette réduction était supérieure ou égale à 50%.
Pas un remède miracle
«Cela fait dix ans que l’on étudie la possibilité de recourir au Botox contre la migraine», commente Jean-Pierre Annoni, médecin adjoint en neurologie aux Hôpitaux universitaires de Genève. Avant d’indiquer que la toxine botulique est utilisée pour traiter d’autres affections neurologiques, telles les dystonies (contractions prolongées et/ou involontaires des muscles) ou des maladies de tremblements.
«Pour la migraine, il y a un intérêt, même si la communauté des neurologues est divisée, dit-il. Mais le Botox n’est appliqué que dans certains types spécifiques; ce n’est donc pas le remède «miracle» dans tous les cas. D’ailleurs, il s’agit de mener des études plus précises pour savoir quelles migraines répondent le mieux.»