Sous ces températures caniculaires, nos corps sont mis à rude épreuve. Cela, de jour comme de nuit – comme on le verra dans un instant avec notre invité. Et avec le réchauffement climatique, les scientifiques se demandent s’il existe un seuil au-delà duquel l’organisme aura du mal à résister. Des résultats de recherche présenté en juillet en Grande-Bretagne permettent d’y voir plus clair.
Le thermomètre s’affole. Mais y a-t-il des limites de chaleur insupportable pour le corps humain? La réponse varie pour chacun, selon l’âge, le genre ou l’état de forme. Et l’auto-régulation thermique du corps dépend de deux paramètres.
La température, d’abord, comme l’explique Boris Gojanovic, médecin du sport, Hôpital de la Tour, à Meyrin: « Avec la canicule, la température corporelle va monter, et le cœur va s’accélérer pour faire circuler plus de sang et ouvrir plus de vaisseaux sanguins, pour amener proche de l’eau, et évacue cette chaleur, par échange de chaleur. » C’est pour cela que certaines personnes rougissent quand il fait chaud.
Deuxième paramètre : l’humidité. Lorsque l’air en est déjà très chargé, comme à Hong-Kong où le taux est de 80%, la sueur s’évapore mal, évacuant moins de chaleur du corps.
Pour mieux cerner ces effets, des chercheurs ont placés des volontaires dans des pièces chaudes et humides, tout en mesurant leurs paramètres cardiaques. L’auteur de l’étude Lewis Hasley, Professeur de physiologie environnementale à l’Université de Roehampton (Grande-Bretagne): « Nous avons trouvé qu’à 40°C, et surtout à 50°C, même si les participants étaient au repos, leur métabolisme s’accélérait. Autrement dit, ils généraient plus de chaleur dans leur propre corps. Et ça, ce n’est pas tenable. »
Limites de la tolérance
Pour Boris Gojanovic,, « ce qu’il y a de sûr, c’est qu’à un certain degré de température et d’humidité, combiné, va exposer le cœur, et le corps à une situation de stress qui va arriver aux limites de la tolérance. » En rouge dans ce graphe, la zone à risque:
Avec une observation clé, indique Lewis Hasley: « Les températures ambiantes n’ont pas besoin d’être très hautes pour que la température du corps croisse inévitablement. Déjà aux environs de 35°C, si l’air est presque saturé en humidité, le corps aura beaucoup de difficulté à évacuer assez de chaleur pour maintenir sa température normale. » La bonne nouvelle, c’est qu’on peut repousser un peu sa limite personnelle, en s’acclimatant, comme l’affirme Boris Gojanovic: « S’exposant de manière régulière au chaud, et en plus en faisant un peu d’effort – par exemple en allant marcher sous de grandes chaleurs – va favoriser cette adaptation. Certes c’est inconfortable, mais c’est une étape nécessaire à cette acclimatation. »
Un peu d’effort, oui, mais les activités sportives restent déconseillées lors des canicules.